Communication visuelle - Concepts clefs pour mieux créer

La Révolution Adobe Creative Suite 3

Avant-propos

Lors d’une conférence plénière de l’Adobe Live qui s’est tenue à Paris Porte de Versailles le 6 et 7 juin 2007, la mutation des médias créatifs a été clairement posée comme enjeu majeur : elle concerne trois niveaux perméables que sont la création, la diffusion et la consultation des contenus.

Les créatifs sont désormais en concurrence avec le grand public qui crée lui aussi du contenu. Cela va bien entendu obliger les professionnels à repenser la manière dont ils travaillaient jusqu’à présent. Avant que ce paysage ne se redessine, SIGMA-VISION.COM vous dit tout ce qu’il y a à savoir sur les derniers outils de la création graphique.

Introduction

Deux ans de développement pour 80 millions de lignes de code : c’est le travail qui aura précédé la fusion officielle de Adobe avec Macromédia pour aboutir au lancement de la dernière mise à jour majeure de la suite logicielle Adobe (CS3) qui, pour la première fois, intègre conjointement les nouvelles versions de Flash, Dreamweaver ou encore Fireworks, désormais réunies sous une seule et unique enseigne. Nous allons ici présenter les changements principaux apportés aux logiciels de cette suite par la synthèse et la coopération de deux savoir-faire hier concurrents.

Flash CS3

La dernière version du codec Flash Video (FLV) s’était déjà répandue sur la toile (Allociné, Youtube, Dailymotion…) bien avant le lancement de Flash CS3. La possibilité de visionner un contenu en plein écran donnait un avant-goût des améliorations de cette mouture.

Ainsi, l’Action script 3 gagne en maturité en intégrant 6000 fonctions dans sa nouvelle bibliothèque contre 1200 pour la version antérieure. Cela permet une amélioration considérable du rendu et de la vitesse des animations produites et cela indépendamment de la puissance du processeur.

Celui-ci n’influence plus directement la lecture d’un clip animé ou l’exécution d’un programme : cela rend justice à la cadence des images/sec et les effets graphiques s’en trouvent accélérés.

Le format XML s’intègre désormais à l’AS3 et traduit les squelettes d’animation et les effets pour les rendre exportables et réutilisables.

Le W3C Timed Text, nouvelle norme de sous-titrage pour le web, permet l’importation d’un fichier texte (.xml) lié de manière synchro au contenu vidéo. Ainsi les sous-titres multilingues deviennent possibles.

Les calques vidéo gagnent en souplesse pour être aussi élastiques qu’un dessin vectoriel. Ils se déforment, se découpent, s’animent et se combinent comme n’importe quel autre movie clip.

Aux outils de dessins optimisés s’ajoute la plume d’Illustrator, plus simple à l’usage que la version précédente de cette fonctionnalité.

Les lois du marchés étant ce qu’elles sont, des outils d’aide à la publication de contenus pour les téléphones portables voient le jour. Ils permettent l’ajustement et la calibration de l’affichage d’un contenu pour un model de téléphone et une marque donnée.

De plus, une plus grande interopérabilité a été pensée avec Illustrator et Photoshop pour les importations / exportations d’éléments.

Photoshop CS3

Les effets appliqués à une image étaient jusqu’à présent considérés comme destructifs dans le sens où ils modifiaient les qualités propres à l’encodage numérique d’une photographie par exemple, en les dégradant qualitativement d’une capture haute définition vers un signal hybride et déformé donc amoindri.

Le principe des filtres dynamiques non destructifs réside dans l’ajout de pixels correspondant aux effets souhaités sans éliminer pour autant les pixels composant l’image d’origine. Ainsi, le signal d’origine n’est jamais perdu et la qualité d’une image brut se conserve pour donner le meilleur rendu possible. Les filtres ne changent pas vraiment en apparence mais s’appliquent tous de manière non définitive pour ne pas aplatir immédiatement les effets.

L’outil "point de fuite" (vanishing point) existait déjà dans la version CS2 et permettait de simuler une perspective 3D comme l’aurait fait également l’outil transformation. Ce même outil va plus loin dans sa version mise à jour.

Il inclut une gestion avancée des objets 3D : importation de fichiers 3D, modifications de ces calques spéciaux avec orientation de l’objet 3D, déformation et application de textures, transformation d’objets 2D en objets 3D et réciproquement.

Le nouveau moteur graphique de Photoshop ajuste, mélange et homogénéise plusieurs images pour en créer une seule à partir de clichés d’une même scène. Le rendu est saisissant pour générer une vue qui n’existe pas telle qu’elle sur une photo, même si ces fragments n’ont pas le même cadrage ou la même lumière.

Quatre déclinaisons de Photoshop pour quatre usages différents :

- Photoshop Elements, toujours pour les novices, avec les outils élémentaires et les filtres de base de la retouche photo

- Photoshop Lightroom, pour les photographes, avec une interface simplifiée et intuitive et des outils dédiés aux photographes ou grands amoureux de la photo professionnelle

- Photoshop CS3, pour les professionnels de l’image en multimédia et P.A.O. / prépresse (voir descriptif plus haut)

- Photoshop Extended, identique au CS3 mais avec des spécificités supplémentaires pour quelques domaines de pointe comme l’imagerie médicale ou les plans d’architecte

Dreamweaver CS3

Il est désormais possible de construire une mise en page complexe avec différents onglets déroulant un contenu de plusieurs articles faits de textes et de photos sans taper une seule ligne de code.

Cette possibilité s’appelle SPRY. Il s’agit de bibliothèques de fonctions Javascript intégrant la mise en forme CSS pour créer des applications web dans un environnement de type AJAX.

Des liens dynamiques vers la base de données suffisent pour importer et afficher les contenus. Ceux-ci sont mieux pris en charge tant au niveau du transfert depuis un serveur qu’au niveau de leur traitement coté utilisateur. Les bibliothèques de fonctions peuvent même économiser la frappe d’une fonction dynamique pour la visualisation de ces contenus.

Bien entendu, les facilités offertes par SPRY se limitent à des gabarits de site pré-construits qu’il est possible de modifier via les feuilles de style.

Sans oublier

- Indesign : simplification de l’interface et flux de travail plus rapide avec la capacité d’importation du format Indesign dans Indesign pour un gain de temps et des mises en forme très élaborées

- Fireworks : imports des fichiers Photoshop (format .psd) et prototypage de projets web complets incluant les différentes versions possibles d’un site dans un seul et même fichier

- Illustrator : plus grande interopérabilité avec Flash

- Contribute : pour les rédacteurs (webmasters) souhaitant uniquement modifier le contenu texte et les images d’un site web sans se soucier d’autre chose

- Director n’a pas été évoqué et After-FX semble se substituer à lui

- Bridge : gestionnaire de fichiers et visionneuse pour tous les formats de la CS3

- Image Ready, Freehand et Golive n’existent plus

Conclusion

Etant donné l’ensemble des améliorations majeures apportées à cette version 3 de la Creative Suite de Adobe, son caractère incontournable s’impose. Cela ne ravira ni les détenteurs d’une CS2 ni ceux d’un Studio MX mais le mariage est réussi au point de considérer que cette mise à jour va au-delà d’une simple compatibilité entre les outils Adobe et Macromédia.

Cette symbiose opérée va certainement bousculer les usages habituels, mentalités et méthodes de travail au sein des équipes créatives. Tout a été remodelé pour coller explicitement à un principe de collaboration accrue des programmes entre eux et à la coopération totale des individus. De nouveaux défis s’ouvrent aux créatifs ainsi qu’une nouvelle forme de concurrence. La révolution a de l’avenir dans le monde de la création.

un texte de Pierre VAREL
‹‹ retour accueil