Communication visuelle - Concepts clefs pour mieux créer

Le choix d'un appareil photo numérique

Avant- propos :

Cet article va dresser un état des lieux général parmi les nombreuses possibilités qu'offrent aujourd'hui ces appareils photo nouvelle génération. Son but est de considérer les points essentiels à retenir pour ce type d'équipement. Ce passage en revue peut constituer temporairement un aide-mémoire utile qui vous rappelera vers quoi vous orienter pour un choix le plus judicieux possible.

Et pourquoi pas l'argentique ?

Soyons clairs dès le départ, les meilleurs appareils photo numériques actuels, pour un coût comparable aux appareils dit classiques (utilisant de la pellicule) sont encore largement en dessous de la qualité que l'on peut obtenir avec une émulsion chimique. Cela est du en partie à la sensibilité des films qui produisent encore et toujours des nuances de couleurs inégalées, même par les meilleurs capteurs numériques.

Cela étant, l'industrie de la photo a subit une migration des standards grand public vers le tout numérique. La photographie analogique demeure toujours mais s'adresserait désormais à un usage plus professionnel, donc moins répandu, étant donné le coût du développement des films. La qualité, bien que supérieure pour les professionnels de l'image ou les passionnés, semble ne pas l'emporter sur l'usage massif et plus instantané des appareils numériques qui proposent exclusivement un encodage des images à une taille prédéfinie.

Bien entendu, il est plus facile de réussir ses clichés avec un appareil photo numérique, tant leur réglage nécessite peu de connaissance ou de pratique de la photographie. Quelques arguments subsistent du côté des défenseurs de la bonne vieille pellicule : la durée de vie de ces équipements est éprouvée depuis longtemps et leur coût (hors développement) reste stable.

Quel(s) appareil(s) pour quel(s) usage(s) ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de décrire le principe de fonctionnement de ces appareils. Cette nouvelle génération se distingue de l'ancienne par la capture des images : celles-ci ne sont plus fixées à même la surface d'un film mais directement encodées par une puce électronique en un fichier image. La partie optique est comparable dans les deux cas car elle laisse passer de la lumière. Dans le cas du numérique, ce signal lumineux est transformé via le capteur photosensible en un signal électrique qui sera traité, puis stocké dans une carte mémoire.

Le compact :

Se définit par sa simplicité d'utilisation; il se règle généralement de manière automatique pour accentuer la rapidité de prise de clichés - très maniable et relativement peu coûteux (de très bons modèles pour 200€), il se destine essentiellement à un usage instantané donc grand public. Facile à ranger et à déclencher, il reste le genre d'appareil prisé par tous ceux qui ne veulent qu'un minimum de boutons pour mettre en boîte leurs souvenirs. Par contre, il ne produit que plus rarement des images grands formats. Une majorité de ces modèles capture des vidéos mais de qualité moindre comparativement à un camescope.

Le bridge :

Est un type d'appareil hybride, véritable « pont » entre le compact et le réflex; il associe donc des réglages prédéfinis comme pour les compacts avec une qualité d'image améliorée par rapport à ces derniers puisqu'il intègre une optique plus poussée (zoom) le rapprochant des réflexs. Du fait de ce compromis, il se situe au-dessus de la catégorie précédente mais en-dessous des capacités des réflexs. Son coût suit la même règle. Un bémol toutefois : l'objectif ne peut se remplacer et l'usure irréversible de ce genre d'équipement réduit d'autant plus sa durée de vie, proche de celle des compacts en terme de qualité.

Le réflex :

Réservé plus spécifiquement aux amateurs, aux passionnés et naturellement aux professionnels qui ont en commun l'intérêt de soigner leur photographie. Sans doute moins rapide et maniable qu'un compact car plus lourd et encombrant, il n'en demeure pas moins la solution idéale pour de la prise de vue en pleine nature, la capture d'un sujet en mouvement ou encore en très basse luminosité. Son viseur est plus précis, sa longévité plus certaine pour un usage intensif. Le boitier réflex est de loin le plus résistant. Son objectif est amovible et son changement permet de décupler sensiblement les possibilités liées aux focales (macro et téléobjectif très poussés). En contrepartie, son coût est bien plus élevé et même prohibitif concernant le grand public.

Formats de la photo numérique

L'ensemble de ces appareils génèrent des formats d'images qui divergent selon le type, le modèle et la marque.

Le plus courant est le JPEG, c'est à dire un format d'image compressé pour optimiser la place retenue sur une carte mémoire. Il est directement utilisable pour l'affichage, l'envoi et l'impression, sous réserve de ne pas modifier la photo originelle avec un logiciel de retouche.

Le format TIFF, standard des professionnels, est plus répandu sur les modèles de très grande qualité, voire très haut de gamme (reflexs). Il permet la retouche sans risque d'altérer les qualités de l'image (piqué des couleurs, contraste...).

Le format RAW souvent évoqué par « les spécialistes » n'est utile que pour les réflexs dont les capacités colorimétriques sont en mesure de produire une espèce de première épreuve, équivalent numérique du négatif ou plutôt format brut de l'appareil, contenant toutes les informations de l'image capturée en amont et avant tout traitement électronique. Cela permet un contrôle plus minutieux sur l'aspect final de la photo, avant un traitement automatisé qui allége l'image et modifie son rendu par l'intermédiaire de filtres calculés.

Ce format est superflu pour les appareils les plus courants dont la correction entre « capture » et « traitement » n'est pas perceptible ou si peu que l'oeil ne la détecte pas. Cela est du à la nature des capteurs numériques très différents entre le reflex (plus sensible et nuancé) et le compact (plus immédiat et imprécis). Plus simplement, le RAW n'a aucun intérêt sorti du réflex.

Pour les formats vidéo, l'Avi, le Mpeg et le Quicktime représentent les trois degrés progressifs de compression les plus rencontrés (le quicktime conserve le meilleur rapport qualité / poids).

Autour de la mémoire

Pour la lecture de ces fichiers image, un écran LCD en donne un aperçu et peut même remplacer le traditionnel viseur. Il peut être orientable ou non. Le choix revient à l'utilisateur. Pour véritablement exploiter les photos, il est nécessaire de relier l'appareil à un ordinateur par un câble fourni généralement par le fabriquant et vendu avec l'appareil.

Un lecteur de carte fera l'affaire le cas échéant, si vous ne pouvez pas directement relier votre appareil à votre ordinateur pour y transférer les images. Il en existe de différentes sortes car les cartes mémoires dans la photo numérique changent avec les générations d'appareils. Un lecteur peut lire un ou plusieurs formats selon ses caractéristiques. La vitesse du transfert dépend de la carte et du fabriquant.

Il n'existe pas à ce jour un format véritablement standard même si le format Secure Digital semble bien s'intégrer à la vague récente des numériques. Ainsi, les cartes mémoire SD offrent actuellement la meilleure capacité de stockage et se révèlent les plus rapides, comparées aux formats antérieurs comme le Compact Flash (CF), le Memory Stick (MS) ou encore le XD (pour Fuji et Olympus seulement). Il faut préciser malgré cela que toutes les cartes SD ne se valent pas, alors que rien ou presque ne les différencie de l'extérieur. Là encore, la prudence est recommandée.

un texte de Sébastien FORNES

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